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Trouble du comportement alimentaire

Trouble du comportement alimentaire

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) se caractérisent par un trouble en rapport à l’alimentation. Cette psychopathologie qui présente sous des formes diverses peut apparaitre à tout âge mais touche principalement les adolescents, notamment les filles.

Ils peuvent apparaitre sous plusieurs formes: l’anorexie et la boulimie sont les plus connues. Ces deux symptômes se présentent de manière isolée ou combinée.

Anorexie

L’anorexie mentale, à ne pas confondre avec l’anorexie comme symptôme d’une autre pathologie, est un des troubles des conduites alimentaires. Elle se manifeste notamment par une préoccupation très forte de l’apparence, qui entraîne des restrictions alimentaires drastiques. Souvent, les sujets qui souffrent de ces troubles sont surtout des adolescentes, même s’il y a de plus en plus de garçons et d’adultes.
Elle se traduit notamment par une perte de poids importante, liée à une restriction alimentaire volontaire.

Diagnostic

Le diagnostic doit être établi ou confirmé par des médecins spécialistes et tenir compte de l’ensemble du fonctionnement mental, des mécanismes de défense, du type d’angoisses et du type de relation d’objet. Des adolescents présentent parfois des conduites alimentaires d’allure anorexique mais qui sont passagères, relevant parfois d’attitudes d’identification à des camarades, à des vedettes ou autres mannequins. Lorsque le trouble persiste, il doit faire l’objet de consultations spécialisées et de traitements ad hoc.

Les critères actuels du DSM-IV pour porter un diagnostic d’anorexie mentale sont les suivants :

  • Amaigrissement : refus de maintenir le poids corporel au-dessus de la normale minimale (moins de 85 % pour l’âge et la taille),
  • Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, malgré une insuffisance pondérale,
  • Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps (dysmorphophobie),
  • Influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle,
  • Aménorrhée (arrêt des règles) pendant au moins trois cycles consécutifs chez les femmes menstruées (aménorrhée secondaire).

L’anxiété et le besoin de maigrir sont également responsables d’une hyperactivité physique.

Différents types

On peut distinguer schématiquement deux types d’anorexie mentale :

  • Type restrictif : pendant l’épisode actuel d’anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et n’a pas, de manière régulière, présenté de crises de boulimie ni recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (c.à-d. laxatifs, diurétiques, lavements).
  • Type avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs : pendant l’épisode actuel d’anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et a, de manière régulière, présenté des crises de boulimie et/ou recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements).

Cependant cette distinction est parfois artificielle

Boulimie

La boulimie est un trouble des conduites alimentaires, caractérisé par un rapport pathologique à la nourriture, se manifestant par des ingestions excessives d’aliments, de façon répétitive et durable. Cette maladie est souvent apparentée à une forme d’addiction dans la mesure où l’individu entretiendra avec la nourriture un rapport similaire à celui que certaines personnes peuvent entretenir avec la drogue.

La boulimie est une des formes les plus sévères des troubles alimentaires avec l’anorexie. La crise de boulimie se caractérise par une irrépressible envie de manger sans nécessairement ressentir la faim. Elle est la plupart du temps suivie par un sentiment très fort de colère ou de dégoût de soi. L’individu boulimique peut avoir recours à certains actes en vue de stabiliser son poids, tels que la provocation du vomissement, l’utilisation inappropriée de laxatifs et/ou de diurétiques, la pratique excessive de sport et une restriction alimentaire très sévère.

Les causes de la boulimie sont complexes et multiples, issues d’une combinaison de facteurs émotionnels, comportementaux, psychologiques et sociaux. Ces facteurs sont paradoxalement très proches de ceux de l’anorexie mentale, les deux maladies étant fréquemment liées. Un même patient peut souffrir d’une combinaison des deux maladies, ou d’une alternance d’anorexie et de boulimie.

La boulimie peut être isolée en tant que symptôme. Mais elle peut aussi se rencontrer avec d’autres troubles : les syndromes dépressifs, les troubles anxieux de la personnalité, des conduites addictives. De 30 à 60 % des individus souffrant de troubles alimentaires souffrent également d’un trouble de la personnalité de type borderline. La boulimie est alors un symptôme.

Les individus touchés utilisent souvent la nourriture et le contrôle sur la nourriture afin de trouver un moyen de compensation pour des émotions et des sentiments qui semblent indomptables ou insurmontables. Pour certains, jeûner, ingérer des aliments d’une manière excessive et se faire vomir peut être comme une façon de surmonter ces émotions difficiles et d’avoir l’impression de maîtriser sa vie.

Finalement, ces comportements vont nuire à la santé physique et psychique.

Diagnostic

La boulimie est plus fréquente que l’anorexie, et elle lui est souvent associée. Elle touche plus volontiers les femmes que les hommes (9/10), notamment la femme jeune, débutant souvent en fin d’adolescence (18-19 ans).

Une corrélation est notée entre trouble du comportement alimentaire (Boulimie et Anorexie) et trouble de la sexualité. Une proportion anormalement élevée de cas d’abus sexuel lors de l’enfance et de l’adolescence a été soulignée par plusieurs études épidémiologiques.

Une interprétation psychiatrique voit la boulimie comme une réaction de défense contre la séduction et l’acte sexuel par la déformation du corps (obésité notamment); au contraire de l’anorexie qui viserait les mêmes objectifs en ramenant le corps à l’état prépubère (aménorrhée notamment).

La boulimie entraîne des comportements compulsifs de consommation de nourriture, en grande quantité, sur un court laps de temps. Les aliments choisis sont assez stéréotypés : aliments très caloriques, volontiers sucrés (gâteaux, crèmes, glaces,…) parfois salés (charcuterie, fromages,…). Le déroulement de la crise est marqué par un début brutal, avec sensation de malaise, de vide, de grande anxiété, que le patient ressent comme particulièrement pénible, et que l’ingestion massive et brutale de nourriture pourra calmer. Ce paroxysme anxieux se solde donc par la crise boulimique proprement dite, avec excès alimentaire, souvent accompagné de culpabilité, de perte de contrôle, et de sentiment de détresse face au trouble et à la honte d’avoir cédé à la pulsion. La crise peut durer jusqu’à ce que le malade ressente de violentes douleurs abdominales, signe que l’estomac est rempli, et signant souvent la fin de la crise. Le patient est alors souvent en prise à un malaise physique (associée à la douleur morale, la culpabilité, la honte) qui se résout souvent par des vomissements volontaires. Ces prises alimentaires sont souvent associées à un maintien du poids, en raison des tactiques de contrôle du poids plus ou moins dangereuses ou inefficaces : vomissements, prise de laxatifs, exercice physique, crise d’anorexie, diurétiques, lavements, médicaments coupe-faim.

Les critères pour retenir ce diagnostic incluent :

  • survenue régulière de crises boulimiques, telles que décrites ci-dessus ;
  • stratégies de maintien de poids ;
  • les crises surviennent au moins deux fois par semaine, pendant au moins 3 mois ;
  • l’estime de soi est particulièrement influencée par le poids et la forme corporelle (c’est-à-dire que le patient a des préoccupations excessives pour son poids, ses formes, la nourriture, etc.) ;
  • le trouble ne survient pas exclusivement pendant des périodes d’anorexie mentale (sinon, il est question d’anorexie associée à des crises boulimiques).
Source:
- Wikipedia - Trouble des conduites alimentaires
- Association Boulimie Anorexie